Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

13/02/2017

2 POIDS 2 MESURES QUE FAUT 'IL FAIRE POUR LES PETITES RETRAITES !!!

Social 

Avec 426 euros de droits estimés à la retraite, cette habitante de Haute-Loire interpelle les politiques

Avec 426 euros de droits estimés à la retraite, cette habitante de Haute-Loire interpelle les politiques
bernadette jammes retraite 
 
Cette habitante de Coyac, commune de Sanssac-l'-Eglise (Haute-Loire) nous a sollicités, pour parler de sa retraite. Car elle est inquiète, Bernadette. Pire, elle est désabusée, en colère même. Et elle n’est pas la seule dans ce cas. Entretien.

À la rédaction, on reçoit beaucoup de courriers. Beaucoup de choses intéressantes. D’autres, un peu moins. La lettre manuscrite de Bernadette Jammes a retenu toute notre attention. C’était d’ailleurs son but : « Faites des articles qui interpellent tout le monde » ; « Beaucoup de gens qui ont connu des périodes de chômage seront des sans dents jusqu’à la fin de leur vie ».

« Si tout le monde était dans la rue, ils feraient attention... ça suffit ! »

Bernadette

Alors on est allé la voir, Bernadette, à Coyac, commune de Sanssac-l’Église (Haute-Loire). C’est ici qu’elle vit, avec son mari. Dans un ancien corps de ferme rénové, petit à petit. Rien d’ostentatoire. De la simplicité. Notre interlocutrice ne se plaint pas. Elle est juste très remontée.

Avoir 60 ans à Moulins - Petite retraite, grosse débrouille

561 euros à 62 ans 

En cause, deux courriers reçus de sa caisse d’assurance retraite. Le premier date du 15 novembre 2012. C’est une estimation de ses droits : 561 € à 62 ans et 852 € si elle attend 65 ans et deux mois. Bernadette a griffonné ces quelques mots : « 120 trimestres = 30 ans de travail ».

Le second date du 22 septembre 2016. À nouveau une estimation de ses droits. Mais les chiffres ont changé : 426 € de retraite mensuelle à 62 ans et 509 € si elle attend 65 ans. Là encore, Bernadette a griffonné quelques mots : « Restera-t-il quelque chose en 2018 ? »

Fillon promet d'augmenter les retraites et de baisser le chômage

Comme d’autres ont essayé de le faire récemment à la télévision, Bernadette Jammes nous a tout dit : « Je suis née en 1956, mes droits à la retraite s’ouvrent en 2018. J’ai été trois ans élève infirmière à l’hôpital Sainte-Marie. Je suis tombée enceinte et je n’ai pas pu terminer mes études. De 1974 à 1983, j’ai travaillé dans divers magasins, puis j’ai suivi mon mari en mutation. J’ai repris une activité en 1990, chez Gaudinot au Puy, où je suis restée 20 ans. Je suis au chômage depuis mes 53 ans. Or, une décote terrible s’applique pour la retraite aux années de chômage. De plus, à l’époque, on parlait de 37,5 années de cotisation, puis ça a été 40 ans et maintenant c’est 42 ans ». Dur. Très dur.

Ni chômage, ni RSA

En attendant sa pension, Bernadette n’a droit à rien. Ses droits au chômage sont épuisés depuis longtemps. Elle est mariée, donc n’a pas droit au RSA : « Des fois, on se demande si on ne va pas divorcer, comme ça je pourrais avoir le RSA ».

Son mari, fonctionnaire à la retraite, touche 1.380 €/mois. Encore une fois, le couple ne se plaint pas. Ils sont propriétaires, sans emprunt. Mais il faut tout compter : « Quand on va voir notre fils dans la Nièvre, il faut bien choisir le mois. Entre l’autoroute, l’essence et un repas, on arrive vite à une belle somme. On ne peut pas le faire deux fois ».

Compter, c’est ce que Bernadette aimerait voir faire à nos élus. Le 16 décembre 2016, elle s’est rendue à la permanence de Laurent Wauquiez, député de la première circonscription de Haute-Loire.

Elle a été reçue par son attaché parlementaire, Christian Charret : « Il m’a dit qu’il n’était pas au courant du système de décôte ; c’était la première fois qu’il voyait de tels documents. Il n’a pas pu nous renseigner sur le minimum vieillesse. On attend d’ailleurs toujours une réponse. Nos élus ne sont pas au courant. Peut-être les gens ont-ils honte… Moi, je veux le faire savoir ».

 

Et d’ajouter : « Sarkozy ne connaît pas Le Bon Coin. Copé ne connaît pas le prix d’un pain au chocolat. Kosciusko-Morizet ne connaît pas le prix d’un ticket de métro. Comment voulez-vous que ces gens-là connaissent le montant des retraites ? »

« Leur devise, c’est se servir avant de servir »

Bernadette a pris rendez-vous à l’antenne locale de la Carsat : « On m’a dit que c’était normal. Mais il faut voir la tête que font les gens à la sortie de la Carsat. Il y en a qui partent en pleurant, les mains tremblantes de documents qu’ils ne comprennent pas ».

Amère : « Les choses ont changé très vite avec Hollande. Ils n’ont rien fait les socialistes. C’est de l’injustice et c’est ça qui fait le plus mal. Nous, on n’est pas comme les hommes politiques. On ne cumule pas de retraites. On ne s’excuse pas devant le peuple. On ne dit pas que c’est légal et que ce sont les autres qui ne comprennent rien. Leur devise à tous, c’est se servir avant de servir ».

« Ils sont forts parce que les gens ne sont pas solidaires. Si tout le monde était dans la rue, ils feraient attention. Il faut se révolter, stop, ça suffit ! » 

Le "mythe" du minimum vieillesse

C’est quoi le minimum vieillesse ? Qui peut en bénéficier ? Est-ce encore d’actualité ? Il suffit de se rendre sur le site gouvernemental « service-public.fr » pour trouver la réponse à ces questions.

Le minimum vieillesse était un dispositif qui garantissait à une personne âgée disposant de faibles revenus, un niveau minimum de ressources. Depuis le 1er janvier 2006, l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) remplace les multiples prestations du minimum vieillesse.

Seules les personnes qui bénéficiaient des allocations du minimum vieillesse avant 2006, ou qui ont commencé à en bénéficier en 2006, peuvent continuer à les percevoir si elles n’ont pas demandé à bénéficier de l’Aspa.

Le minimum vieillesse est un dispositif à 2 niveaux. Le premier niveau garantit à la personne âgée un revenu au minimum égal au montant de l’allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS). Lorsque les ressources du retraité sont inférieures à ce montant, une majoration de pension lui est accordée. Si la personne âgée ne peut prétendre à aucune retraite, l’allocation spéciale vieillesse lui est versée.

Le 2e niveau est constitué par l’allocation supplémentaire qui permet d’atteindre le niveau du minimum vieillesse.

Le montant du minimum vieillesse est fixé à 801 € par mois pour une personne seule et 1.243 € par mois pour un couple.

Il faut remplir les conditions suivantes : être Français ou étranger en situation régulière, résider en France, avoir commencé à bénéficier du minimum vieillesse avant 2006, disposer de ressources inférieures à certains plafonds (801 €/mois pour une personne seule?; 1.243 € pour un couple). 

L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) est une prestation mensuelle accordée aux retraités ayant de faibles ressources. Elle est versée par la Carsat (ou la MSA si vous dépendez du régime agricole). Vous pouvez bénéficier de l’Aspa dès 65 ans ou avant si vous remplissez les conditions suivantes : avoir élevé au moins 3 enfants pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire ; et avoir cotisé au moins 120 trimestres (assurance vieillesse du régime général ou agricole) ; et avoir exercé un travail manuel ouvrier pendant 5 ans au cours des 15 années précédant la demande de pension. Au-delà d’un certain plafond de ressources, vous n’avez pas droit à l’Aspa. Son montant dépend de votre situation familiale, dans les conditions suivantes : plafonds de ressources si vous vivez seul(e) 9.609,60 €/an ; si vous vivez en couple 14.918,90 €. Votre montant est calculé en tenant compte de la différence entre 9.609,60 € (si vous vivez seul(e)) et vos ressources. Par exemple, si vous percevez 8.000 € par an, le montant de l’Aspa est déterminé ainsi : 9.609,60 € - 8.000 € = 1.609,60 € par an. Les sommes versées au titre de l’Aspa sont récupérables après décès sur votre succession, si l’actif net de la succession dépasse 39.000 €.

 Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.