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08/03/2017

VASTE TERRITOIRE LA 4éme CIRCONSCRIPTION DE L'HERAULT

Dynamique démographique sur le nord du bassin de Thau

Dynamique démographique sur le nord du bassin de Thau
"Les communes du sud ont moins de réserves foncières".
 

L'attractivité qui fut une aubaine pour la croissance régionale, est aussi l'une des principales menaces pesant désormais sur les lagunes et les littoraux languedociens. Le bassin de Thau (depuis la fusion de Thau agglo et de la CCNBT, le territoire est composé est de 14 communes*), cumulant position littorale et bassin versant sensible, ne fait pas exception.

Bernard Nozières, spécialiste de l'évolution des territoires à l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), à Toulouse, livre son décryptage.

Si l'Hérault gagne 15 000 habitants en moyenne par an, le boom démographique s'opère également sur Sète et le bassin de Thau. Comment l'analysez-vous ?
Il y a tout d'abord un contexte régional, avec une grande partie du Sud de la France et une bonne partie de l'Ouest pour lesquelles la population augmente beaucoup, notamment en raison de l'attractivité. C'est la France d'aujourd'hui, alors que s'opère un courant migratoire négatif à partir du quart Nord-Est.

Par ailleurs, la région Occitanie est l'une des plus dynamiques de l'Hexagone. Avec 50 000 habitants de plus chaque année. C'est énorme. Á cela s'ajoutent deux grands pôles très dynamiques : le pôle toulousain et le littoral languedocien, qui court de Nîmes à Perpignan. Avec le dynamisme de Montpellier. Et Sète et le bassin de Thau, qui bénéficient de cette mouvance. Elle s'explique essentiellement localement par un apport migratoire (les personnes migrant d'une région à une autre). Ce qui n'est pas le cas de toute la région Occitanie.

Entre 2009 et 2014, combien d'habitants a gagné le bassin de Thau ?
Aujourd'hui, avec la nouvelle grande agglo, cela représente une population de 126 519 personnes. Par rapport à 2009 et en comptant Marseillan, on a une augmentation de 4 581 habitants. Soit une hausse de 0,8%. C'est un tout petit peu en-dessous de la moyenne de la région Occitanie se situant, elle, à 0,9%.

On remarque que le sud du bassin de Thau ne subit pas le même développement que le nord...
On remarque une dynamique démographique un peu plus forte sur le nord du bassin, notamment dans les communes de Gigean (+ 800 habitants), Poussan (+ 1 200), Balaruc-le-Vieux (+ 500) et Villeveyrac (+ 800). Ces quatre communes sont plus proches de Montpellier, toutes à proximité d'un accès autoroutier. Et l'on peut imaginer que c'est cette même proximité qui joue un rôle dynamisant, comme tout autour de Montpellier.

Il va de soi que des conditions locales peuvent favoriser aussi une urbanisation, les communes plus au Sud ou autour du bassin ayant moins de réserves foncières. On voit bien, aujourd'hui, que les augmentations de population les plus fortes se situent à la périphéries des communes les plus importantes. Et Sète en fait partie.

Au dernier recensement, l'Insee faisait état d'un infléchissement du taux de croissance de la population sur le territoire, passé de 2 % par an jusqu'en 2006 à 1,2 % depuis. Est-ce que cette tendance se confirme ?
Il y a bien une dynamique moins forte depuis ces dix dernières années que dans les années 1990 jusqu'au début des années 2000. La croissance de Thau agglo (dans son périmètre actuel de 14 communes) était de l'ordre de 1,5 % par an en moyenne (1990 à 2006), contre 0,9 à 1,1 % depuis 2006. L'ordre de grandeur de la croissance de population fléchit aussi légèrement : de plus de 1 500 habitants supplémentaires en moyenne chaque année entre 1990 et 2006, à 1 100 à 1 300 depuis 2006.

De 1980 à 1995, 2 000 ha d'espaces naturels ont été urbanisés. N'aurait-on pu limiter le "mitage" ?
L'Insee ne peut pas se prononcer sur cette question-là. Et il est certain que ce territoire ne sort pas du lot par rapport à d'autres. Partout où il y a une périurbanisation, densification, consommation d'espaces agricoles qui est très forte, un phénomène qui se vérifie partout dans le monde, on assiste à un étalement des villes. Localement, dans l'Hérault, sur le littoral, on observe une densification le long des axes. On entend les politiques se saisir de cette question et s'en alarmer.

La ville de Sète (+ 1 621 habitants) augmente beaucoup en terme de population. On voit bien qu'il y a une densification à l'œuvre. On se trouve dans une région où il y a tellement de monde qui arrive que l'étalement urbain n'est pas encore totalement maîtrisé.

Et demain ?
On est sur un territoire où une dynamique se poursuit. On n'a pas de projection de population à ce jour. Ce que l'on sait avec certitude, c'est qu'à un moment donné, on va avoir une saturation du foncier. L'apport migratoire va très certainement continuer à amener des populations nouvelles.

On regarde la dynamique selon deux critères : le naturel et le migratoire. Pour le premier, on se fixe sur la pyramide des âges. Avec un vieillissement de la population très fort à venir. Pour le second, effectivement, beaucoup de personnes continuent à venir s'installer dans la région, sur le littoral, le bassin de Thau en particulier. Avec des retraités, des actifs travaillant à Montpellier mais vivant dans les communes autour de Sète, les étudiants...

(*) Les quatorze communes de la CABT : Sète, Frontignan, Bouzigues, Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Gigean, Poussan, Mèze, Loupian, Montbazin, Villeveyrac, Marseillan, Mireval et Vic-la-Gardiole.

Méthodologie

Le terme générique de population légale regroupe, pour chaque commune, sa population municipale, sa population comptée à part, sa population totale représentant la somme des deux précédentes. Désormais, elles sont actualisées et authentifiées par un décret chaque année. La population municipale est celle qui est utilisée à des fins statistiques ; la population totale est la plus souvent employée pour l’application de dispositions législatives ou réglementaires. 

Depuis 2008, la nouvelle méthode de recensement basée sur des enquêtes de recensement annuelles, permet de calculer chaque année des populations légales actualisées. En cumulant cinq enquêtes, l’ensemble des habitants des communes de moins de 10 000 habitants et 40 % environ de la population des communes de 10 000 habitants ou plus sont pris en compte. Les informations ainsi collectées sont ramenées à une même date pour toutes les communes afin d’assurer l’égalité de traitement entre elles. Cette date de référence est fixée au 1er janvier de l’année médiane des cinq années d’enquête pour obtenir une meilleure robustesse des données.

Depuis lors et chaque année, les résultats du recensement sont produits à partir des cinq enquêtes annuelles les plus récentes. C’est pourquoi il faut tenir compte de l’intervalle de cinq années et comparer les populations municipales de 2009-2014 et non pas 2013-2014.

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