Le 17 mai, Valeurs Actuelles a publié une tribune de Jean-Christophe Fromantin intitulée : « La droite doit faire sa révolution et oser le progrès » :

Ces dernières semaines laissent un goût amer à ceux d’entre nous qui pensent qu’une politique de droite est meilleure qu’une politique de gauche, et on peut légitimement s’inquiéter de notre capacité à convaincre et de la profondeur du projet que nous adressons aux Français. A l’heure de mutations qui ouvrent une nouvelle géopolitique ; des enjeux de valeur ajoutée qui appellent de nouvelles politiques économiques ; à l’heure d’un monde plus ouvert qui nous interpelle sur la réaffirmation d’un héritage culturel, la droite est encalminée dans ses logiques d’appareils, perclus de leaders dont les tactiques personnelles prennent le dessus sur leur vision de la France. Alors que la politique devrait faire un retour en force pour inscrire notre idéal et notre avenir dans ce nouveau paradigme, nos partis parlent de taux, de milliards, de calculs ou de négociation.

La manière d’aborder le 2ème tour des Présidentielles est révélatrice de cette démission. Chacun d’entre nous, faute d’adhérer aux propositions de l’un ou l’autre des candidats, pourrait pour le moins exprimer son choix pour celui des deux avec lequel il pense pouvoir mener l’opposition la plus constructive. L’appel à l’abstention ou les contorsions sémantiques pour ne pas prononcer le nom du ‘moins pire’, trahissent une grande difficulté à assumer clairement nos responsabilités et à positionner nos idées. Pour ma part je préfère l’opposition constructive à Emmanuel Macron.

Car il est urgent de nous réapproprier l’idée de progrès. Pas au sens idéologique, mais au sens de ce que le progrès peut apporter à chacun, au plus profond de nos territoires, là où vivent les Français. Car, s’il est une construction politique que la droite doit revisiter, c’est bien celle qui s’inscrit dans le primat de l’être humain, de nos territoires et de nos initiatives ; c’est celle qui fait de la nation un héritage, de l’Europe une équipe et du monde une opportunité. La prévalence d’un vote Le Pen dans les territoires périphériques et d’un vote Macron dans les métropoles doit nous interroger. Ne sommes-nous pas tout simplement à la fois hors-sujet et hors-sol ?

Cette nouvelle impulsion ne viendra pas « d’en haut ». Pour deux raisons : Parce que la politique se régénère dans la confiance et qu’il est vain d’imaginer que ceux-là même dont les Français se défient sont ceux par lesquels passera ce renouveau ; mais surtout, parce que c’est à partir de nos atouts que doit se construire une politique nouvelle. Ce sont ses talents, ses territoires mais aussi son héritage culturel qui façonnent la France. Sommes-nous aujourd’hui en capacité d’engager ce renouveau ? Je crois que oui, à trois conditions : Que chacun prenne en main son destin et accepte de mettre ses talents au service de la France ; que notre projet politique se construise à partir de ce qui fait la France ; que notre regard sur le monde ne soit pas animé par la peur mais par l’ambition. C’est cette révolution que nous amorçons en lançant 577-Les Indépendants, en osant le progrès autour de quatre verbes : responsabiliser, encourager, défendre et rayonner, en espérant ouvrir une perspective de renouveau pour la France !